L’HABIBLIOTHEQUE : la mode en location

DSC_0027Anahi et Aurélie sont deux sœurs, de 27 et 24 ans, unies par leur passion commune pour la mode. Après avoir passé des années à acheter, elles ont décidé de passer de l’autre côté du comptoir. Elles ont uni leurs expertises pour donner vie à un concept innovateur et très fashion addicted : L’HABIBLIOTHEQUE.

Anahi est manager vente chez Marc Jacobs et a toujours travaillé dans la mode. Aurélie de son côté vient d’abandonner les bureaux du marketing chez L’Oréal pour se consacrer à 100% à leur nouveau projet.

Le concept est simple : L’HABIBLIOTHEQUE, comme son nom l’évoque, est une bibliothèque de vêtements. Une boutique haut de gamme située en plein cœur du marais à Paris où il est possible de tester, découvrir et emprunter des vêtements (de la taille 36 à la 44) mais aussi des sacs et des bijoux de créateurs. L’idée est de créer une boutique conceptuelle, dans laquelle les clients ont l’impression d’être dans un magasin classique,  pas dans une friperie ou un dépôt vente. Pour réaliser leur rêve, elles ont eu recours au site de financement participatif Kiss Kiss Bank Bank : 10 000 euros pour aménager la boutique qui ouvrira ses portes en septembre.

Comment avez-vous eu l’idée ?

Aurélie : “Il y a deux ans j’étais encore étudiante donc j’avais un petit budget et j’achetais beaucoup d’habits de marques ‘fast-fashion’ comme Zara, H&M ou Promod. Mais je m’achetais toujours une belle pièce par saison. C’est vrai que si j’avais pu emprunter, tester de beaux vêtements au quotidien, pouvoir les mettre et que ça puisse m’aider dans mes choix d’achat, j’aurais tout de suite souscrit un abonnement. Donc en fait c’est vraiment un concept qui m’aurait été utile.”

Anahi : “Moi j’ai toujours sacralisé mes vêtements. J’aime les beaux vêtements créateur et je me disais : « je vais les garder pendant des années ». Au final je me suis rendue compte que je n’utilisais pas la moitié de ma garde-robe. Un jour j’ai commencé à revendre mes vêtements sur des sites d’occasion parce que je voulais changer et finalement être vraiment à la pointe de la mode. Je me suis donc rendue compte que l’occasion était quelque chose qui fonctionnait. Les gens n’ont plus peur de porter quelque chose qui a déjà été porté. »

Avez-vous déjà utilisé des concepts similaires ?

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Aurélie : “Il y a des sites de location dans le luxe mais c’est vrai que le notre c’est un concept très diffèrent. C’est vraiment accessible à tout le monde alors que dans le luxe, la location à la journée reste assez chère.”

Anahi : “On n’a jamais utilisé de concept comme celui-ci parce que justement ce qu’on voulait c’était déjà avoir des vêtements qu’on peut porter au quotidien car aujourd’hui la mode est changeante. On a vraiment voulu avoir à la fois un budget accessible, donc 50 euros par mois, pour pouvoir emprunter autant de pièces qu’on souhaite, et des vêtements qu’on peut porter tous les jours.”

Qu’ allons nous trouver chez vous ?

Aurélie : “On a fait un mix de marques donc on va avoir des enseignes commerciales avec une identité forte, mais aussi des jeunes designers montant et des créateurs. On veut une boutique très mode, très pointue, très créateur.»

Anahi : «L’idée c’est que chaque marque ait une identité propre et forte. C ‘était pour nous le plus important dans le choix des labels.»

Pourquoi le financement participatif ?

Anahi : « Parce qu’aujourd’hui les banques sont toujours un peu plus frileuses à l’idée de financer des concepts dans la mode, un peu innovateurs. Elles ne savent pas vraiment l’aboutissement.  Du coup, le crowdfunding, c’est quelque chose d’intéressant car on ne demande pas au gens de donner énormément d’argent. Ca peut même être un euro mais c’est vraiment l’idée de se dire « voilà si ça vous plait, si vous croyez en notre projet, soutenez nous ». Et nous derrière ça nous permet de montrer aux banques qu’il y a des gens qui nous suivent.»

Aurelie : «  C’est vrai que c’est aussi un moyen de se faire connaître,  pas uniquement de financer le projet. Donc finalement c’est un bon moyen de financement et de communication.»

Il n’y a pas beaucoup de projets mode sur les plateformes de crowdfunding, pourquoi ?

Anahi : « Parce que je crois que la mode reste encore un marché difficile dans le sens où,  se lancer, ça peut faire peur. D’ailleurs ca nous fait peur aussi ! Il faut vraiment avoir une idée nouvelle vu la situation économique du moment. Les gens sont vraiment beaucoup plus réticents à se lancer dans une conjoncture qui est assez difficile. C’est pour ça que notre projet a aussi pour but de combattre la crise. Dans un budget vraiment très accessible on peut renouveler sa garde-robe.»

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Les deux sœurs veulent créer un lieu où la mode peut être accessible à tout le monde. Comme l’affirme Anahi, « La mode n’est pas snob, c ‘est plutôt l’image que les gens ont de la mode. Au contraire, on parle beaucoup du street-style. Je pense qu’aujourd’hui la mode est faite pour être portée par tout le monde. C’est ça l’objectif. »

Si vous aimez le concept, il vous reste encore un peu de temps pour les aider !

Alessia Armenise

©Alessia Armenise

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