Nancy, 1er avril !

Une belle performance dans un lit public! 

STAN

Vous débarquez à Nancy et pensez « Place Stanislas ». La naïveté vous va si bien. C’est là qu’il fallait être pour voir l’hôtel à ciel ouvert proposé aux nancéens il y a quelques jours…

Lundi et mardi derniers, les artistes mosellans Boijeot-Renauld-Turon ont choisi la place Stanislas pour poser leurs valises (des dizaines de chaises et bancs). Le tout-puissant mais immobile Stanislas, qui pointe l’horizon depuis bientôt deux siècles, a tranquillement laissé les trois hommes investir la place… Bien entendu, les « webcams » ont divulgué l’information, avant que les réseaux sociaux s’en chargent.

Chaises + Bancs = Lits

Là, les plus prompts ont eu droit à l’odeur de lessive des couettes propres et une place pour s’asseoir avant la marée étudiante en fin d’après-midi pour un apéro géant qui n’a cette fois-ci pas fait peur aux autorités. Mardi 1er avril, plusieurs centaines de personnes se sont donc amassées sur les chaises et bancs en bois (hand-made) pendant que quelques autres finissaient leurs siestes dans un des lits de fortune.

Spontanément alors, jongleurs se mêlaient aux musiciens et chanteurs désinhibés par cette soirée aux allures de fête de la musique.

Investir l’espace public

Les trois activistes ne pensaient sûrement pas rester aussi longtemps devant la vitrine de Nancy, bien qu’ils soient habitués à installer leur dispositif dans des lieux tout aussi insolites. Leur site internet recense d’ailleurs leurs performances en France et en Europe: à leur tableau de chasse, Venise, Paris, Dresden, avec un goût certain pour le sillon mosellan (berceau de ce trio composé d’un sociologue, d’un metteur en scène et d’un architecte).

De là à les rendre prévisibles ? Sûrement pas, puisque c’est bien l’effet de surprise qui est recherché. En abandonnant leur installation, celle-ci devient modelable: on se passe bancs et chaises, on découvre et on construit. L’espace public a la vocation de laisser la spontanéité des hommes s’exprimer. On imagine alors le plaisir qu’ont les trois artistes à regarder les spectateurs s’approprier une œuvre sans le savoir et sans la détourner. Bien que voué à l’instant, le dispositif ne fait pas que des adeptes à en croire la mini-performance de 37 minutes faite à Zürich avant d’être démantelée… La faute au nombre de tables et de chaises clandestines qui dépassait les récents quotas, on présume.

Eux n’y voient pas d’atteinte, on s’en doute. Les trois nomades continuent de passer comme une caravane, ne les cherchez pas, c’est eux qui vous trouveront.

(Adrien Bonjean)

Pour aller plus loin…

http://www.boijeotrenauldturon.com/

http://www.franceculture.fr/emission-la-vignette-laurent-boijeot-sebastien-renauld-et-nicolas-turon-2013-05-01

(photo: http://www2.nancy.fr/document/html/webcam/webcamhd.html)

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