Aurélie Cabrel : « Au fond, j’ai toujours rêvé de devenir artiste »

Après un premier album « Oserais-je » sorti en 2011, Aurélie Cabrel, revient avec un  « A la même chaîne » dans les bacs le 26 mai. Pour Philyra, la fille de Francis Cabrel s’est prêtée au jeu de l’interview.Aurelie Cabrel CM0527-HD

Votre premier album évoquait l’insouciance, la difficulté de quitter l’adolescence pour devenir adulte, les questionnements. Au travers de vos nouvelles chansons, on vous sent beaucoup plus mûre aujourd’hui. Qu’est ce qui a changé dans votre vie ?

Aurélie Cabrel : Dans un premier album on met un peu tout ce qui nous passe par la tête. A 25 ans, on a moins de chose à dire. Faire un premier album, faire des concerts, vivre sa vie de femme ça fait prendre de la hauteur sur la vie, on réfléchit différemment, on évolue. Ça m’a permis de livrer d’autres chansons.

Dans votre nouvel album, il y a beaucoup de chansons d’amour, alors que vous ne vouliez pas écrire d’album sur ce thème. Vous avez changé d’avis ?
Quand j’écoutais des chansons qui parlaient d’amour je me demandais s’il n’y avait pas autre chose à raconter. Là, les chansons d’amour sont venues naturellement, dans le sens où on a fait 30 morceaux et quand il a fallu choisir ceux qui figureraient dans l’album, on s’est rendu compte que beaucoup  parlaient d’amour. Mais d’autres sujets sont abordés aussi, des thèmes que l’on rencontre à l’heure actuelle, en 2014.

Qui a contribué à cet album ?

J’ai co-écrit deux morceaux avec Olivier Béranger, plusieurs avec Esthen, mon réalisateur, mon papa m’a écrit trois morceaux, et j’ai moi-même écrit une chanson.

Pour vous, était-ce indispensable que votre père, Francis Cabrel, contribue à l’album ?

Ce n’était pas vraiment indispensable, on ne s’était jamais posé la question, ni lui, ni moi. Un jour il m’a appelée pour me dire qu’il avait six textes et que je pouvais en choisir certains, ou tous les prendre. J’en ai choisi trois qui me touchaient et que je me sentais capable d’interpréter. Ce n’était  pas une collaboration à proprement dit, il a fait son travail d’auteur, il a proposé des textes. C’est comme si on n’avait presque pas travaillé ensemble finalement. Ça a été un échange tout en douceur, j’ai réussi à m’approprier ses textes et le résultat lui a beaucoup plu.

Il vous a fait un cadeau, en fait ?

Oui. Un grand cadeau !

Et votre collaboration avec Grand Corps Malade ?

Je l’ai rencontré lors de l’un de ses concerts. Avant, je ne le connaissais pas plus que ça, j’ai découvert son répertoire sur scène. J’ai été complètement sous le charme de cet artiste, il a un talent fou ! J’ai fait quelque chose que je ne fais jamais : je suis allée le voir à la fin du concert et lui ai demandé s’il acceptait de m’écrire une chanson. Il venait juste d’écrire La Traversée avec mon père la semaine d’avant. Il m’a dit « la musique c’est un échange, on va faire ça ensemble ». Trois semaines après, j’ai reçu le texte A quoi tu rêves.

Vous avez dédié la chanson Je ne suis pas jalouse à votre père. Vous avez eu peur de la page blanche ?

Le problème de la page blanche, il faut bien s’y confronter un jour ! Ça faisait un moment que je voulais écrire sur ce thème là, pour désacraliser un peu l’image de « fille de ». Mon père est connu, oui, mais nous avons une vie de famille normale, comme tout le monde, on a des valeurs. Je voulais dire que oui, c’est quelqu’un de connu, mais il fait un métier comme les autres ! Pendant des mois j’ai essayé d’écrire ça de cette façon, mais ça n’a rien donné. Un soir j’ai parlé à Olivier Béranger, un ami auteur et lui ai expliqué mon problème. Il m’a écrit Je ne suis pas jalouse, c’était exactement ce que je voulais dire, comme je voulais le dire !

Son album "A la même chaîne" sort le 26 mai

Son album « A la même chaîne » sort le 26 mai

Petit retour en arrière…Devenir artiste, ça a toujours été une évidence ?

La musique à proprement parler ça n’a pas du tout été inné pour moi ! Petite, j’aimais être sur le devant de la scène, je me déguisais beaucoup, en princesse, en Bécassine… j’adorais Bécassine… c’est bizarre, je sais ! J’ai fait beaucoup de théâtre, pris des cours… Après mon bac, j’ai managé des groupes de musique pendant six ans et en 2007, j’ai fait les rencontres d’Astaffort (stage d’auteur-compositeur, crée par son père NDLR) et j’ai rencontré Esthen, mon réalisateur. Il m’a beaucoup aidée à faire sortir cette envie que j’avais de faire ce métier, parce qu’au fond de moi, oui, j’ai toujours rêvé de faire ça !

Votre famille vous a-t-elle poussée à faire ce métier ?

Oh non ! Au contraire ! Je crois que c’est un métier tellement compliqué que les parents ont peur que leurs enfants s’engagent là dedans ! C’est tout sauf de la stabilité, c’est tout sauf une possibilité de réussite… ça dépend tellement des autres, la musique ! Il y a tellement de gens talentueux que malheureusement on ne connaîtra jamais parce qu’ils n’ont pas eu la chance d’être suivis par une radio ou un producteur… Quand j’ai dit que je voulais faire de la musique, mes parents m’ont demandé de bien réfléchir… mais la passion l’a emportée sur leurs conseils !

Aujourd’hui qu’en pensent-ils ?

Ils sont fiers. Mon père est toujours aussi discret mais se tient au courant de tout ce que je fais. Ma mère, elle, est à fond derrière moi, m’encourage chaque jour…et ça, ça fait du bien !

Vous avez eu peur d’être jugée sur votre statut de « fille de » ?

Tous les « fils/ filles de », quel que soit le métier, on a toujours peur d’être jugé. A tort ! Avant le premier album je me suis vraiment blindée, persuadée que j’allais en prendre plein la gueule. Finalement, il ne s’est pas passé grand-chose !

Qu’est ce que vous attendez de ce nouvel album ?

Evidemment, j’aimerais qu’il plaise. Et qu’il ait la plus longue vie qu’il puisse avoir.

Et après ?

Un troisième bébé ! Après…sera-t-il physique ou virtuel… ?!

Et votre petit conseil beauté pour les lectrices de Philyra ?

Je suis assez nulle question beauté, je me maquille de la même façon depuis dix ans… et ne me démaquille qu’une fois sur deux…! Mais, depuis peu, j’utilise une brosse nettoyante. Pour les filles comme moi qui n’ont pas envie de se démaquiller et sont obligées de changer leur taie d’oreiller tous les jours parce qu’elle est noire…c’est le top !

Bref, s’aimer, le premier clip du nouvel album d’Aurélie Cabrel

 

Propos recueillis par Marie Olona

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