Rencontre : Hollysiz et son rock antidépresseur

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© Marie Olona

 

Issue d’une famille d’acteurs, Jean-Pierre Cassel, son père, et Vincent, son demi-frère, la jeune femme avait devant elle une carrière toute tracée dans le cinéma. Pourtant, cet été, c’est sur les scènes des plus beaux festivals que la chanteuse se produit. Elle a même mis le feu au Stade de France, le 28 juin dernier pour la première partie d’Indochine. Rencontre au festival Solidays avec une artiste en plein essor.

C’est une jeune femme souriante et pleine d’énergie qui s’installe devant nous. Elle nous regarde de ses grands yeux bleus pétillants, l’air de dire « allez-y, bombardez moi de questions, je suis prête« . Son nom de scène vous est peut être encore inconnu mais la jeune femme a un air familier. Vous l’avez sûrement repérée dans Ma Vie en l’air ou Le Premier Jour du reste de ta vie, parce que, sous le pseudo HollySiz, se cache l’actrice Cécile Cassel. Mais ce n’est pas pour ses qualités devant la caméra que le public la retrouve sur la scène de Solidays en cette soirée d’ouverture, mais bien pour ses performances derrière un micro. Pour sa voix, son énergie et son rock tonique.

Elle s’était bien cachée derrière son pseudo et pourtant, quand on lui demande d’où il vient, on devinerait presque son identité. « Siz, c’est mon surnom depuis toujours, un diminutif de Cécile. Holly comme le houx, qui est rouge et qui pique mais c’est aussi un personnage de Terence Malick, dans Badlands (Balade Sauvage), qui m’inspire beaucoup. Ce surnom m’est venu en tête et est resté. » Si elle n’a pas gardé son nom d’actrice pour sa nouvelle activité, c’était avant tout pour mettre des titres sur internet sans que personne ne sache d’où ça vient. « On parlait beaucoup de moi pour d’autres raisons. C’était la meilleure manière de recentrer le débat sur ce que je propose et non pas ce que je suis. »

Délire mégalo

Ce personnage, c’est en 2008 qu’elle l’a crée. Elle a fait les premières parties de Yodélice, dont elle est proche, de Julien Doré, et a fait des petites scènes comme la Boule Noire à Paris. Aujourd’hui, et pour la première fois, elle se retrouve dans la programmation de nombreux festivals et a même assuré la première partie d’Indochine au Stade France. Mais HollySiz garde la tête froide : « le Stade de France, c’est tellement hors proportion, tellement pas concret… quelque part ce n’est pas quelque chose qui m’angoisse, c’est une démesure complètement mégalo ! »

Solidays, en revanche, a une signification bien plus profonde pour la chanteuse qui nous confie avoir eu les larmes aux yeux quand on lui a remis son badge « artiste ».  « En me levant ce matin j’étais très émue en me disant que j’allais jouer à Solidays« . raconte-t-elle en ajoutant y être venue souvent en tant que festivalière. « Mon premier souvenir de festival, c’était ici, j’étais venue voir Pleymo, on avait de la boue jusqu’aux genoux ! « .  Maintenant qu’elle est de l’autre côté de la scène, elle compte bien tout donner pour séduire un public pas forcément acquis : « dans un festival on s’adresse à plus de monde, un public qui ne nous connaît pas toujours…parfois, il attend juste l’artiste d’après. On ne sait jamais à qui on s’adresse.  » Elle le sait, dans ce genre de set très court (une heure), il faut capter l’attention tout de suite, « l’énergie est beaucoup plus brute« , et ça lui plaît. Un véritable challenge pour l’artiste qui est à l’affiche d’une quinzaine de festivals cet été !

Une culture anglo-saxonne

Son premier album « My Name Is« , sur lequel figure le tube « Come Back to Me » est sorti en décembre 2013 et est un carton. Quand on demande à l’artiste pourquoi elle chante en anglais, sa réponse est sans appel :

« J’ai commencé à l’écrire quand j’habitais en Angleterre. J’ai une culture beaucoup plus anglo-saxonne que francophone. A cette époque, je trouvais que la musique que je voulais faire ne sonnait pas bien en français …même si aujourd’hui cet argument ne tient plus depuis que Stromae, Christine and the Queens ou encore BB Brunes sont passés par là. »

La jeune femme avoue aussi être très pudique : « l’anglais m’a permis une certaine impudeur dans la manière d’écrire, que je n’aurais peut-être pas osée en français. »

Quelques heures plus tard, c’est sur la scène de Solidays qu’on la retrouve. Elle, elle a retrouvé son public qui reprend en chœur ses refrains les plus connus. L’artiste l’avait annoncé, l’énergie est plus brute, et elle le montre bien. Elle saute, danse, emplit le chapiteau de son rock vitaminé. Entre deux morceaux, la belle blonde n’oublie pas de rappeler à son public pourquoi il est là : « pensez à sortir couverts messieurs dames, la capote est à la mode ! »

Marie Olona

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