Marc Morvan : « Shakespeare a écrit les paroles, et on ne le lui a même pas demandé »

Après un premier album en 2009, le duo Marc Morvan (guitare, voix) et Ben Jarry (violoncelle), revient avec un nouvel EP, sorti le 20 octobre. 5 titres sur lesquels le duo a mis en musique des textes du célèbre Hamlet de Shakespeare. Pour Philyra, Marc Morvan s’est prêté au jeu des quatre questions.

 

Après 5 ans d’absence, te voilà de retour avec Ben Jarry. Pourquoi une nouvelle collaboration avec le violoniste ?

Il y a vraiment une complicité entre nous. C’est comme un couple, on est différents mais complémentaires. On a une relation très adulte, sans aucun problème d’égo et surtout il comprend très bien ce que je veux faire, tout de suite. Il est très doué. On n’a pas les mêmes qualités, et on voulait continuer à travailler ensemble parce qu’artistiquement ça marchait bien. J’habite à Paris, lui à Nantes. On s’est accrochés malgré la distance, parce qu’on savait qu’ensemble il y avait un potentiel artistique. Personnellement, je n’avais jamais fait de rencontre artistique comme ça avant. Lui non plus, sur ce style de musique il n’en a pas fait d’autres comme celle-là.
Même si ça paraît assez folk parce que je joue de la guitare sèche, c’est très mélodique, très harmonique, assez écrit, avec beaucoup de cordes… Pour moi on est dans le rock indé. On a une culture rock en tout cas.

 

Cet EP « Ophélia » est différent…

EP Ophelia

EP Ophelia

Déjà, à la base, c’est un disque de commande. En plus c’est Shakespeare qui en a écrit les paroles…et on ne le lui a pas demandé ! Quand on nous a proposé de faire de ça, au début, j’ai pas compris… Pourquoi adapter Hamlet en chanson ? Ça a été difficile pour moi parce que quand j’écris une chanson, je commence par la mélodie puis ensuite je mets des mots dessus. Là c’était l’inverse. Mais très vite, et très facilement on a trouvé les mélodies. Pour moi c’est une grande réussite, je ne pensais pas être capable de faire les choses dans ce sens là. C’est devenu un exercice très intéressant !
C’est David Bobee, un jeune metteur en scène, qui est venu nous chercher pour ce projet. C’était mon voisin il y a longtemps. Il avait très envie de travailler avec moi. On avait fait un projet de lecture-concert d’une de ses pièces. Ensuite il ne voulait pas que notre collaboration s’arrête. Quand il a monté Hamlet, il voulait qu’on fasse un concert après la pièce. Mais Hamlet dure plus de 3h30, avec le concert ça aurait été beaucoup trop long. C’était compliqué. Il a renoncé au projet, mais pas nous.

Retour dans le temps, comment en es-tu arrivé là ?

Je fais des chansons depuis tout petit. Mes parents m’avaient inscrit à des cours de guitare. Je n’aimais pas jouer ce qu’on me demandait, je digressais toujours vers des compos…
Après, je ne me destinais pas du tout à ça, je suis assez pudique, j’aime l’anonymat, la discrétion. Je faisais des études de lettre, et pendant les cours j’écrivais des chansons. Un jour je les ai faites écouter, et on m’a dit que je devais faire ça comme métier. C’est les gens autour de moi qui m’ont motivé.
S’il ne s’était rien passé, j’aurais peut être arrêté, mais quand je suis parti en musicologie, j’ai rapidement monté un groupe avec les rares personnes intéressées par ce style de musique. On a envoyé une maquette aux Inrocks, c’était pour leur premier « radio crochet ». On s’est retrouvés sur une de leurs compiles « Ceux qu’il faut découvrir » avec Florent Marchet, Syd Matters,…  ça a été un gros tremplin. On a fait des tournées avec des bons groupes comme M83. On a mis du temps à sortir un premier disque, internet n’était pas si développé c’était donc plus dur de se faire entendre à l’époque. Nous on a eu beaucoup de chance avec les Inrocks.

 

C’est quoi la suite ?

Le prochain album est quasi-fini. Maintenant on est plus 2 mais 4 ! Batteur, violoniste, Ben Jarry (violoncelle) et moi. On l’enregistre en janvier, on espère le sortir en juin ou septembre !

L'album de Marc Morvan sortira en 2015 !

L’album de Marc Morvan sortira en 2015 !

 

Ophelia sur iTunes

Propos recueillis par Marie Olona

 

 

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