Dernier coup de ciseaux : mystère à Paris

« Dernier coup de ciseaux » est joué au Théâtre des Mathurins jusqu’au 25 mars 2015. C’est l’adaptation d’un énorme succès américain. Le principe est original :  un cadavre, quatre suspects, un flic en plein doute. Le seul témoin, c’est le public. Philyra a mené l’enquête.

Gaëlle Gauthier s’approche de moi. Elle me sourit, et s’assoit sur l’accoudoir du fauteuil. Un frisson me parcourt, ce parfum que je crois sentir, est-il celui du sang ? Elle renverse son visage avec élégance, la masse sombre de ses cheveux se perd dans la lumière. Je m’interroge. Est-ce elle ? A t’elle tué Isabelle Snerzni ? Je refais le film dans ma tête, j’essaye de reconstituer les faits. Les entrées et les sorties, les détails.
Le capitaine Solivérès revient sur scène, l’entracte est terminé. Je vois Gaëlle Gauthier qui s’éloigne dans sa robe rouge. Autour de moi, les questions fusent. Des pertinentes, d’autres moins. Nous rions beaucoup. Qui est l’assassin ?

dernier coup de ciseaux

Dernier coup de ciseaux est une énième adaptation d’un succès américain né dans les années 70. Le principe est original. La pièce commence comme un vaudeville un peu gras. Un salon de coiffure, des personnages caricaturaux ( le coiffeur homo, la bourge abonnée à Télérama, la pin up concon…).  Mais au bout d’une demi heure, tout bascule, un meurtre est commis. Les lumières de la salle s’allument alors, et nous voilà, le public, seul témoin des événements qui ont précédé l’assassinat. L’interrogatoire est mené par le Capitaine Solivérès, et le spectacle devient du stand up. Les interactions avec les spectateurs sont autant d’improvisations, sur scène les réparties s’enchaînent. Le spectacle s’adapte, suit le cours de ce que le public attend. Les comédiens ont une énergie incroyable, nous attirant dans leur sillage. C’est ludique, on se creuse la tête, on essaye de se souvenir de qui a fait quoi dans ce Cluedo grandeur nature.

Jusqu’au bar

La mise en scène reste sommaire, mais on s’en fout. Les acteurs ont une science de l’espace scénique qu’ils occupent en permanence. Il se passe toujours quelque chose, et on prend goût à les voir évoluer, comme des poissons dans un bocal. L’illusion de leur rôle est parfaite, même durant l’entracte où l’on croise le capitaine au bar du théâtre. La magie opère, car les comédiens sont excellents. On y croit, et nous voilà Columbo au milieu des Columbo. Je me demande d’ailleurs, Gaëlle Gauthier est elle gauchère ?

Dernier coup de ciseaux
au Théâtre des Mathurins, jusqu’au 28 mars 2015

Pierre Beretta  

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