Elle m’inspire : Miss Tic

A l’occasion de la journée de la femme ce 8 mars, Philyra a décidé de mettre à l’honneur les femmes qui nous inspirent. Elles sont nombreuses à représenter un idéal de femme autonome et ambitieuse, mais la plasticienne Miss Tic sort de ces simples considérations : elle porte ces thèmes dans la rue, sur les murs : bref, partout.

Le street art fait désormais partie des diverses formes de l’art contemporain. C’est un domaine surreprésenté par les hommes, bien que le talent ne soit pas une simple question de sexe. Miss Tic, elle, a décidé de se lancer dans cette aventure urbaine et de défier cette accumulation de chromosomes y. Elle a commencé son œuvre en 1985, et ne semble pas prête de s’arrêter. Avec son air malicieux, il est déjà dur de ne pas l’apprécier.

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Banksy, C215, Stew, M. Chat…  : ces noms sont connus de tous les traqueurs de fresques urbaines. Mais peu de femmes font partie des signatures qui reviennent. Miss Tic, elle, a osé jouer sur cet aspect, quitte à toujours revendiquer que c’est bien une femme qui se cache derrière tous ces pochoirs.

Mais rester femme

Justement, il s’agit pour elle de jouer avec les stéréotypes de la féminité. A travers elle, différents thèmes sont abordés régulièrement : la liberté, la séduction, l’altérité. Et c’est bien ça, qu’on aimerait voir plus souvent sur les murs de Paris. Le tout avec de nombreux jeux de mots, accrocheurs, qui constituent presque sa marque de fabrique. Difficile de rester de marbre devant son travail, que l’on soit un homme ou  une femme.

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Certains diront qu’une femme n’a pas sa place dans le street art ; se faufiler furtivement de nuit dans des ruelles pour laisser sa trace, discrètement mais sûrement… Cela impose-t-il réellement d’être un homme ? L’aspect illégal est-il le monopole de la testostérone? Bien sûr, aujourd’hui l’aspect interdit s’estompe. Mais peut être est-ce justement grâce à l’audace de certains, de Miss Tic, qui revendiquent des espaces d’expression. Jusqu’à donner vie à de gigantesques fresques aux quatre coins de Paris.

Derrière Miss Tic, de plus en plus de femmes ont osé franchir le cap. Certaines sont donc passées des dessins sur papier aux bombes de peinture, comme Kashnik ou Miss Van. Le street art devient plus égalitaire au fil du temps.

On admire donc Miss Tic pour ce qu’elle fait, mais pas que. Le message sous-jacent, parfois polémique ou ciglant, représente cette émancipation dont il est toujours question en cette journée de la femme. Ici, la séduction ne relève pas de la vulgarité, mais bien d’un jeu, presque d’une fierté. Et c’est cela qui compte : Miss Tic est alors celle qui nous représente toutes, avec son audace et sa persévérance. Indétrônable.

Pour goûter en vrai à cette vague de féminité assumée, rendez-vous à la galerie NUNC de Grenoble, où se trouve l’exposition collective « baiser(s) » à laquelle Miss Tic participe. (Plus d’infos: http://www.nunc-gallery.com/index.php/nunc-grenoble ).

Annie Welter

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