Hit The Roads: le nouveau projet de Joe Bel

 

Après avoir fait une entrée remarquée sur la scène soul/folk avec son 1er EP acoustique In the City sorti l’an dernier, la voilà invitée à faire le tour d’Europe et à fouler les planche de l’Olympia. Après une tournée en Allemagne durant l’été 2014, Joe Bel continue sur sa lancée avec un 2ème EP, Hit the Roads . Sa guitare acoustique et sa voix restent le cœur de ce mini album, mais cette fois, la basse, le piano, la batterie et les claviers, longtemps gardés pour elle, se révèlent après des mois passés à parcourir les scènes d’Europe. Pour Philyra, l’artiste raconte son enfance, ses débuts et son nouvel album lors d’un entretien à l’hôtel Platine à Paris.

Joe Bel

Tu es jeune, tu as commencé la musique très tôt ?

J’ai commencé à écrire des chansons assez tôt, mais j’ai commencé à faire de la musique sur scène il y a deux ans et demi seulement parce que je n’osais chanter devant personne. Ça fait longtemps que je fais de la musique mais les vrais concerts devant un public ont débuté il y a très peu de temps.

Qu’est ce qui t’as poussé à te lancer ?

J’écrivais plein de textes et puis j’en ai eu marre de ne pas les partager. Je faisais des études de littérature et d’histoire de l’art. Pendant les cours à la fac j’avais plein de mélodies dans ma tête qui ne s’arrêtaient jamais, et je me suis dit qu’il fallait que je m’exprime pour me sentir mieux.

Quelles ont été les personnes présentes pour toi ?

Dans ma famille, personne ne savait que je chantais de façon sérieuse mais tout le monde savait que j’aimais bien chanter pour me distraire. Et par hasard lors d’une soirée j’ai rencontré des musiciens qui habitaient à Lyon. A cette époque j’habitais à Grenoble. Ils m’ont entendue chanter (car j’ai osé chanter devant 10 personnes, ce qui était une toute première pour moi !). Un des musiciens lyonnais a apprécié mon travail, et m’a poussée à commencer une carrière professionnelle. Il m’a fait comprendre que je ne devais pas avoir peur car j’ai ce talent pour réussir, tandis que moi je me disais que ce n’était pas mon monde.

Et puis en général on privilégie les études face aux métiers d’artistes où la chance est aléatoire, non ?

C’est ça, dans ma famille personne n’est artiste, c’est considéré comme assez spécial. On ne m’a jamais vraiment encouragée à me lancer dans la chanson, comme si ce n’était pas vraiment un métier. Par la suite plusieurs personnes, dont des musiciens, m’ont encouragée et donc je me suis dit qu’il fallait que je leur fasse confiance, même si je n’ai pas vraiment confiance en moi. Puis j’ai rencontré la personne qui m’a fait faire mon premier concert, c’était devant 30 personnes. J’ai juste joué mes musiques et je suis partie de scène. Puis je me suis dit « ah bah ce n’est pas horrible, j’en suis pas morte et j’ai aimé le faire ». En plus, j’ai reçu plein de retours positifs.

Pourquoi chantes-tu en anglais ?

Tout d’abord, j’ai une partie de ma famille qui vit aux États-Unis et qui ne parle pas un mot français. Du coup, quand j’allais là bas j’ai appris à parler anglais puisqu’on ne parlait pas la même langue. Forcément quand je fais de la musique j’improvise beaucoup puis j’ai des phrases, des mélodies dans ma tête qui me viennent en anglais. Je n’ai pas forcément l’envie de les traduire en français. Le jour où mes phrases me viendront en français, j’écrirai tout simplement en français.

Comment ton public français arrive-t-il a comprendre ton message ?

Il y a d’abord l’émotion qui permet de comprendre le message et des mots-clé qui s’ajoutent à cela. Lors de mes concerts, j’aime parler des chansons que je suis sur le point de chanter surtout lorsqu’elles sont particulièrement importantes pour moi. Et puis la musique est un langage universel. Un jour, une personne est venue me dire « je n’ai rien compris mais ça m’a touché ». Ce sont des choses qui ne s’expliquent pas.  Je ne peux pas changer ma façon de composer pour faire comprendre d’avantage les paroles, ça ne serait plus spontané.

Tu écris tes propres textes. Comment procèdes-tu à l’écriture ?

Ça part d’une mélodie, de phrases qui me traînent dans la tête. Pour Hit The Roads j’avais cette mélodie qui me trottait dans la tête quoi que je fasse pendant la journée. Il fallait que je l’écrive. Je pars de ma propre expérience puis je développe l’idée et la mélodie. Ce sont des choses qui apparaissent inconsciemment dans ma tête que je mets sur papier.

En parlant de ton titre, pourquoi Hit The Roads ?

Au début je me suis posée la question « pourquoi j’ai besoin de parler de ça ? ». Cette chanson parle de moi qui regarde le monde autour et qui veut partir loin, loin de ma zone de confort. J’ai traversé beaucoup de pays et de villes avec mes concerts, et j’avais envie de partager ça, cette histoire de prendre la route.

Quel est ton rêve en tant qu’artiste ?

Je n’ai pas vraiment de rêve ou le fantasme de faire des grandes scènes comme le stade de France. Ce qui m’intéresse le plus c’est de faire ressentir de bonnes sensations aux gens. La chose la plus folle et complètement irréelle que je puisse imaginer serait de chanter avec Stevie Wonder (rires). Je trouve ça presque prétentieux de désirer d’aussi grandes choses, même si pour beaucoup ça pousse à se surpasser, c’est un moteur. Mais moi je ne fonctionne pas comme ça, je vis plus au jour le jour. Je n’aime pas prévoir, je préfère être libre de faire les choses qui m’influencent aujourd’hui.

Où te vois tu dans 10 ans ?

Bien sur, j’aimerai toujours vivre de ma musique et pérenniser ma carrière. Dans ces cas là mon rêve serait vivre de ma musique le plus longtemps possible. Aujourd’hui c’est rare de voir des personnes avec des carrières de 30, 40,50 ans. Beaucoup ont des carrières musicales de 4, 5 ans.

Quels sont donc tes projets pour cette année 2015?

Premièrement je joue dans un film qui sortira à la fin de l’année dans les salles, où j’ai l’honneur de chanter mes propres chansons. Je joue aux cotés de Manu Payet, et d’Audrey Lamy. Le réalisateur voulait une vraie chanteuse et il m’a proposé ce rôle. Je dois jouer la comédie, chose que je n’ai jamais faite de ma vie, c’est génial ! J’ai très peur, je m’embarque dans l’inconnu mais c’est super. Je fais aussi des concerts qui sont en train de s’organiser puis un album car j’ai encore plein de chansons en tête.

Pour finir, quelle est ta routine beauté ?

Je ne fais pas tout ce qu’il faut, c’est vrai. A vrai dire je ne me maquille pas beaucoup, je ne prends pas le temps de faire des masques hydratants et des gommages. J’aimerais plutôt qu’on me chouchoute pendant que je me repose, accompagné d’une manucure (rires). En parlant de ça, j’aime beaucoup le vernis. Je mets un peu de mascara et j’aime beaucoup le blush car il me donne bonne mine. On me pose trop de questions quand je n’en porte pas, les gens ont l’impression que je suis malade, alors je ne sors quasiment jamais sans mon blush. Mais je ne suis pas trop maquillage, en plus je ne sais pas trop le faire. C’est la même chose pour mes cheveux qui sont assez secs. En ce moment je fais du henné pour entretenir mes reflets roux. Je suis naturelle, quand je veux me faire un gommage je prends un bol, je mets du sucre du lait et du miel puis je pose le tout. J’aime tout ce qui est bio, je regarde beaucoup les étiquettes. D’ailleurs mon après-shampoing est sans silicone. Je suis comme ça car j’ai remarqué que je suis hyper sensible et dès qu’ils y a des produits un peu trop chimiques, ma peau et mes cheveux sont agressés. J’ai donc appris à lire les étiquettes. Et je me dirige plus vers des produits bio et naturels, les choses qu’on retrouve un peu plus en parapharmacie, même si je ne suis pas une acharnée du biologique. Sinon je ne mettrais pas de vernis par exemple !

Quelle question aimerais-tu que je pose ?

Quand est-ce que sort ton EP ? (rires) Il sort le 9 mars, et le 17 mars je fais la première partie d’IGIT à la Maroquinerie !

http://www.joe-bel.com/

 

Ingrid Laurac

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