Spectacle : Rhapsodie démente

François Verret présente sa nouvelle production de danse Rhapsodie démente. Le scénariste fait preuve d’une grande ambition. Ce « chantier » comme il l’appelle se déroulera pendant cinq ans et prendra fin en 2018. Cette composition très libre est une pièce instrumentale accompagnée de théâtre, de chant et surtout de danse.
RhapsodieL’année 2014 marque le début des commémorations de la Première Guerre mondiale. Elle dure cinq ans. La troupe de danseurs a décidé de suivre toutes ces années de recueil pour porter un message à travers la France. Ce « laboratoire nomade » à long terme est un défit que tente François Verret, scénariste à l’imagination débordante. Il trouve son inspiration à travers des fictions, des essais et des pamphlets. Ce spectacle permet de répondre aux questions « que fait-on aujourd’hui de notre XXème siècle et de ses histoires? ».

Dans cette pièce on parle très peu. On crie, on saute, on pleure, on court. Le public lui-même s’agite. Pas besoin de parler, on ressent les sentiments. On rit quand il faut et on est peiné le reste du temps. Cette pièce est faite pour réfléchir sur les conditions de la guerre et de l’après-guerre, de ces soldats et leurs familles qui ont du mal à se reconstruire. On réfléchit aussi au présent « comment rendre hommage à ces hommes? ». Au début on a beaucoup de mal à comprendre. Puis peu à peu les six artistes nous emballent et nous captivent. L’histoire s’écrit et s’enchaîne sans que l’on s’en aperçoive.

Comment rendre hommage à ces hommes

C’est une commémoration moderne mêlant la technologie au jeu des artistes et impliquant les spectateurs. Des projections de documentaires d’hommes et de femmes nous font face. Une actrice se mêle au public et nous distribue elle-même des boissons. Cela devient déroutant, mais on comprend tout de suite le message qu’elle veut nous faire passer. Les musiques sont brutes, il y a de la guitare, de l’harmonica et ce même guitariste utilise un ballon de baudruche dont le résultat permet d’obtenir de belles mélodies. On voyage depuis la fin de la guerre jusqu’à aujourd’hui et on se projette même jusqu’en 2018. Pendant ce temps la troupe prendra le temps de présenter son spectacle sur cinq dates à Paris, Strasbourg et Grenoble. Ces histoires évolueront au fil des saisons, des années. Entre ces trois villes, d’autres représentations auront lieu dans plusieurs villes de la France.
Ingrid Laurac

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