Ancien malade des hôpitaux de Paris : le rire en thérapie

Les textes de Daniel Pennac n’ont pas fini de renaître. Depuis le début de l’année, son « Ancien malade des hôpitaux de Paris » s’est trouvé une identité visuelle sous les traits de l’excellent Oliver Saladin. Mise en scène par Benjamin Guillard, la pièce ne manquera pas de vous faire rire aux éclats. Direction le théâtre de l’Atelier à Paris pour en faire l’expérience.

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Le monologue. Un exercice difficile tant pour le comédien que pour le spectateur. Côté scène, c’est un texte à retenir, une ambiance à créer, un public à captiver, tout ce qu’on attend d’un jeu d’acteur, en somme. Sauf qu’il est le seul à le jouer. Côté fauteuils, c’est un exercice d’attention qui s’avère parfois compliqué voire impossible. Ce soir au Théâtre de l’Atelier, à l’abri de l’animation des quartiers alentours – Montmartre et Pigalle – c’est tout gagné pour le monologue gesticulatoire de Daniel Pennac. Son « Ancien malade des hôpitaux de Paris » prend vie sous les traits d’Olivier Saladin, ex trublion des Deschiens sur Canal+ et avec la complicité du metteur en scène Benjamin Guillard.

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Galvan est un interne en médecine au caractère ambitieux de père en fils. Il ne rêve que d’une chose : un intitulé prestigieux gravé sur sa future carte de visite. Un soir, alors que le grammage du papier, la police d’écriture et la couleur de son bristol sont au cœur de ses préoccupations, le médecin se retrouve de garde aux urgences. Sur la scène de l’Atelier, entouré d’un simple bureau et d’une table à roulettes boisés- ambiance hôpital, il raconte cette nuit qui a tout changé.

Un monologue haut débit

De service en service, de pathologie en pathologie, Olivier Saladin balade sa prose dans l’espace et dans le temps, rythmée de courses de brancard et de réanimations biscornues. En une heure et quart, pas un seul temps mort. L’acteur n’arrête pas. Il déverse son texte tel un torrent, fluide et animé, constant mais sans aucune redondance. Il se déplace, court, saute, s’assoit à un coin de la scène, s’allonge à l’autre. Dès les premiers instants, le public est pris en otage de la pièce. Nous voilà témoins bien installés dans les fauteuils moelleux du théâtre, en véritable coup de génie pour attiser notre l’attention. De spectateur, nous devenons l’interlocuteur direct du docteur Galvan qui nous raconte une nuit aux urgences. Cette soirée au théâtre, c’est comme une visite à un ami qui vous installerait dans son canapé, une tasse de thé à la main et vous raconterait un instant de sa vie que vous ignoriez encore. Détendus, comme à la maison, nous voilà envahis d’une vague d’euphorie ponctuée de rires francs et généreux, qui ne s’arrêtent que lorsque le rideau tombe et le comédien disparaît.


L’hilarant et non moins éclairé texte de Daniel Pennac est ici magnifié, sublimé, plus désopilant que jamais grâce aux gesticulations schizophréniques du comédien. Voilà du théâtre de qualité, qui remplit avec succès sa mission première, nous divertir. Et avec esprit, c’est encore mieux. Le trio Pennac, Saladin, Guillard frappe à la porte de la perfection, et pas dit qu’elle ne s’ouvrira pas au fil des représentations.

Ancien malade des hôpitaux de Paris
Du mardi au samedi à 21h
(relâches les 12 et 13 mai)
Tarifs : de 16 à 34 €

Auteur : Daniel PENNAC
Mise en scène : Benjamin GUILLARD
Avec : Olivier SALADIN

Théâtre de l’Atelier
1, place Charles Dullin
75018 Paris

Marie Olona

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