Festival de la Francophonie en Hongrie

En passant en Hongrie à l’occasion de la 15e édition du Festival de la Francophonie, Philyra a rencontré Sylvette Tourmente, attachée de coopération scientifique, technique et universitaire de l’Institut Français de Budapest. « Nous parlons la même langue », nous dit l’affiche du festival qui fait découvrir la culture francophone dans ce petit pays d’Europe Centrale.

© Institut Français de Budapest

© Institut Français de Budapest

Se déroulant entre le 27 février et le 27 mars, le festival a pour but de célébrer et de faire connaître la culture francophone dans la capitale hongroise, ainsi que dans d’autres grandes villes magyares. Tables rondes, films, expositions, conférences, pièces de théâtre et de nombreuses autres manifestations culturelles ont composé le festival un peu partout en Hongrie. C’est ainsi que la ville de Veszprém a présenté pour la cinquième fois les Journées Hongroises dont le sujet était cette année l’émigration hongroise vers l’Occident. Sous la direction de l’Université Pannon de Veszprém, cette édition a accueilli plusieurs événements autour de la Francophonie.

La Journée de la Francophonie à Veszprém a eu lieu le 26 mars, dans le cadre des Journées Hongroises de Veszprém et sous la direction de Dorottya Szávai qui est à la tête du master de littérature comparée de l’Université Pannon. Le colloque de littérature comparée et la table ronde représentaient une belle occasion d’échanger à propos d’émigration, de transition littéraire et d’interculturalité.

Comme le formule Dorottya Szávai :

 » La question est récurrente du côté très actuel de la mondialisation dotée d’un caractère postmoderne. De plus, depuis une petite centaine d’années, on n’accepte plus la traduction mot-à-mot. La question de la traduction littéraire est devenue une problématique centrale de la littérature. Tout simplement, il est impossible de transmettre un texte littéraire, tel quel, d’une langue à une autre. Plus précisément, cela est possible, bien entendu, mais le texte qui naît de la traduction devient un nouveau produit littéraire, voire une entité à part entière, quasi indépendante du texte source. On en arrive à une problématique très complexe qui va bien plus loin que la question de la traduction proprement dite. De nombreux scientifiques, des hommes littéraires, des chercheurs, voire même des linguistes s’y intéressent. « 

Nous avons discuté avec la représentante de l’Institut Français de Budapest à Veszprém, lors de l’ouverture du colloque.

Philyra : Quelle est l’importance d’un tel événement pour l’Institut Français de Budapest ?

Sylvette Tourmente : Tout ce qui est important pour nous, ce sont vraiment les relations entre la France et la Hongrie. Donc, que le sujet soit culturel, scientifique ou politique, nous sommes là pour favoriser toutes les relations bilatérales entre la France et la Hongrie et tout ce qui rapproche les deux pays.

Ph. : Pour vous, en tant que représentante de l’Institut Français de Budapest, les Hongrois qui vivent en France  sont-ils une entité à part ? Quel est le rôle de la littérature dans leur statut ?

S. T. : Si on parle de la littérature hongroise en France, je pense que cela reste quelque chose de peu connu. Mais justement, peut-être que ce genre d’événement permet aux Français de se familiariser avec cette dernière. C’est vrai que la Hongrie est un petit pays… Mais qui commence à être découverte par les Français. On a l’impression quand même que de plus en plus de Français viennent dans ce pays, notamment à Budapest, au travers de voyages. Tout cela participe à faire connaître la Hongrie. Je crois que de plus en plus de Français sont sensibles à son histoire. De plus, elle fait désormais partie de l’Union Européenne.

Ph. : Pendant cette journée, on parle beaucoup de double culture. Faut-il garder ou développer cette approche ?

S. T. : Pour moi c’est important la double culture ou la pluriculture… Même si, et c’est vraiment un avis personnel, garder sa propre culture est tout aussi important. Quand je viens en Hongrie, ce que je recherche, ce sont les spécificités de ce pays. Donc, je ne pense pas qu’on ait envie de quelque chose d’uniforme. Le partage, la découverte d’autres cultures sont importants mais, en même temps, pour un pays, il n’est pas négligeable de garder ses intérêts et ses spécificités pour que chacun d’entre nous puisse apporter à l’autre quelque chose de différent. Il me semble que beaucoup de gens ont la même approche.

Le nombre de Français établis en Hongrie est estimé à plus de 3000. Ces personnes vivent principalement à Budapest. Depuis 15 ans, chaque printemps, le Festival de la Francophonie a lieu pour rassembler tous les amateurs de la culture francophone. Encadrant une cinquantaine de programmes, le festival a culminé le 20 mars, la Journée Mondiale de la Francophonie.

azori

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