Lecture : emporté par le vent du nord

Quand souffle le vent du nord est un roman de l’écrivain autrichien Daniel Glattauer. Les protagonistes, Emmi et Leo, nous dévoilent leur bulle enchantée dans un monde virtuel. Ayant la clef de leur boîte mail, la lecture de ce récit épistolaire des temps modernes arrive à nous toucher au cœur. Bref, le vent du nord a finit par souffler sur Philyra, pour nous marquer à jamais.

quand-souffle-le-vent-du-nord-465746Daniel Glattauer écrit depuis 1989. Journaliste viennois, il a travaillé pour le journal autrichien Der Standard pour laisser finalement libre cours à son imagination. Ecrivain, il publie son premier roman en 1997. Quand souffle le vent du nord, sorti en 2006, lui apporte un succès international. Traduit dans de nombreuses langues, ce livre, parfaitement dans l’air du temps, est publié en français en 2010.

Deux inconnus se rencontrent dans le cyberespace par un hasard absolu. Grisés par la légèreté de cette situation, ils commencent à échanger des mails. Le temps passe et les courriels n’en finissent pas…Derrière leurs écrans, à l’abri du monde entier, Emmi et Leo se construisent leur propre univers au beau milieu de cet endroit impalpable qu’est Internet. Est-il possible de développer une sorte de « cyberamitié » ? A plus forte raison quand elle lie un homme et une femme qui ne se connaissent pas et qui ne se sont jamais vus ? Jusqu’où les confidences peuvent-elles aller ? Qu’est-ce qu’une telle relation peut bien vouloir signifier ? Y-a-t-il un avenir ? Tant d’interrogations qu’Emmi et Leo font surgir, vivent et nous font vivre. Car, tous comptes faits, se tromper d’adresse mail peut arriver à tout le monde. La frontière entre le lecteur et l’aventure que relatent les pages s’estompe petit-à-petit. Les questions posées et imposées nous envahissent et s’immiscent dans un petit coin de notre tête sans nous quitter de la journée. Sublime, ce récit nous raconte une histoire qui pourrait être la nôtre à tel point qu’on a physiquement « le mal du mail » par moment…, le virtuel n’a jamais paru aussi réel.

C’est là que Glattauer nous arrache, tout en finesse, à notre petit quotidien pour nous emmener dans le monde pas si lointain du « world wide web ». Ce dialogue met en évidence la difficulté de la communication écrite. Nous ne voyons pas l’autre personne, nous ne l’entendons pas, et surtout, nous ne la sentons pas… pourtant, la force des mots est parfois bien plus puissante que l’on ne l’imagine….

 Ecrire, c’est comme embrasser, mais sans les lèvres.

Ecrire, c’est embrasser avec l’esprit.

Il y a quelque chose de complice et de secret à suivre « à la lettre près » une telle histoire. Pourtant, la magie des mots et des phrases opère et nous nous surprenons à ne plus pouvoir poser le livre. On devient « accro ». Le ton est léger, vif et percutant. On découvre les deux personnages à travers leurs messages, à la fois simples et très fins, tissés de tendresse et d’humour, d’inquiétudes et d’optimisme. Ces échanges leur permettent de se livrer l’un à l’autre avec une sincérité déconcertante. Eclats de rire, suspense, joie et tristesse sont au rendez-vous.

A la plus grande joie de ceux qui restent sur leur faim en terminant cette lecture, le second volet est également disponible en français. D’ailleurs, nous vous conseillons d’avoir La septième vague sous la main au moment d’aborder les dernières pages du premier roman !

azori

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