« Une », Luciole et sa pop-poétique

luciole 494-(c) Renaud Julian

©Renaud Julian

Elle est « Une » et ça suffit. Sur scène, Lucile Gérard n’a pas besoin de grand chose. Une cascade de guirlandes électriques déguisées en lucioles, une voix sublime et beaucoup d’énergie. Un concert-spectacle à ne pas rater.

« Je me sens capitaine d’un bateau en papier et là je sens comme si j’approchais le quai. Je suis prête à toucher terre ». Elle est enfin sûre Luciole, qui a attendu six ans avant de compléter « Une », son deuxième album autoproduit. Même si c’est elle, seule capitaine, qui s’occupe d’écrire textes et musiques, Lucile a trois fidèles marins sur son « bateau en papier » : Antoine Kerninon aux percussions, Clément Simounet à la guitare et David Monet aux claviers, s’assurent que les traversées d’environ une heure et demie, qui sont les concerts de cette jeune chanteuse, se passent sans turbulences.

Luciole n’est pas une chanteuse comme les autres : « Ce que j’aime c’est être sur scène, quel que soit le type d’art ». Artiste à 360 degrés, après des années de théâtre elle s’est décidée a se consacrer entièrement à la musique. Pop, électro, hip-hop et aussi du slam, Lucile est ouverte à tout ce qui lui permet de s’exprimer. Si la chanson reste son activité principale, le slam – souvent présent dans ses textes et ses performances – est véhicule d’une écriture plus libre. Un mélange nécessaire pour créer une « pop-poétique » qui lui ressemble. Rencontre. 

luciole 418-(c) Renaud Julian

©Renaud Julian

Six ans depuis Ombres, ton premier album sorti en 2009, ça fait long… 

Après le premier album je suis partie en tournée, ça nous a beaucoup trop plu et ça a duré un an et demi ! J’ai mis un certain temps à réfléchir aux sujets que j’avais envie d’aborder, le type de musique que j’avais envie d’expérimenter. J’ai publié un EP, « En Attendant », en 2012, mais je n’étais pas encore prête pour un album.

Où as-tu puisé ton inspiration ?

De l’environnements où je me trouvais. Je l’ai pris un peu comme un exercice, j’ai écrit dans des endroits différents dans Paris, le métro, la tour Eiffel, le canal Saint Martin… mais aussi chez moi, en Bretagne. Je trouve qu’on sent dans l’album qu’il y a la « météo derrière », ce qu’il y avait autour, les gens, leurs histoires. Pendant un moment je me suis demandée si l’album allait s’appeler « autour », justement. En bas de chaque texte j’écrivais ce qu’il y avait autour de moi quand la chanson a été écrite mais je l’ai gardé pour moi, c’est mon chemin à moi, c’est chouette de le garder secret.

« Une », ça parle de quoi ? 

De grandir, de passer d’être une fille à être une femme. L’album parle de s’assumer en tant que femme, d’accepter les erreurs de parcours, de trouver la force d’avancer toujours. J’écris sur tout ce qui me touche. Ça m’arrive de parler des histoires de mes amis proches aussi, mais je n’invente jamais.

Une nouvelle tournée de prévue ?

Je fais ce métier pour faire de la scène, c’est ce qui me plait le plus dans ce travail. On a créé un nouveau spectacle en décembre, l’idée est de partir en tournée en automne pour une durée indéterminée, le plus long sera le mieux ! En France principalement mais aussi en Belgique, Suisse, peut être en Corée en juin… croisons les doigts ! Mon rêve serait d’aller au Québec, mais ça n’est pas encore fait. 

Comment ta musique a changé ? 

Ma musique a évolué, elle est plus pop que dans les albums précédents. Dans « Une » il y a aussi beaucoup d’électronique et un soupçon de hip-hop, c’est une nouveauté pour moi. J’avais envie d’avoir plus de volume sonore pour pouvoir m’exprimer encore plus sur scène.

luciole 246-(c) Renaud Julian

©Renaud Julian

Créer et produire un album toute seule, ça n’est pas facile. T’as jamais eu envie d’arrêter ?

C’est une lutte… on continue à produire des disques alors que les gens n’en achètent plus. Il y a toujours des obstacles, j’ai été obligée d’apprendre la patience. Ne pas avoir de label aurait pu me freiner mais je me suis dit que j’avais envie de créer mon disque. Les labels ne prennent plus de risques, je ne voulais plus attendre des réponses et j’ai préféré faire toute seule. J’ai senti que c’était le moment, ça a été un pari que j’ai pris. Après tout, si même moi je ne veux pas prendre des risques sur mes chansons, qui le fera pour moi ?

Instant coquet, as-tu un conseil beauté pour nos lectrices ?

Le matin je presse un demi citron et du gingembre râpé avec de l’eau tiède, je bois une moitié à jeun et l’autre au même temps que mon petit-déjeuner. Moi je le prends surtout pour la voix, le gingembre chauffe les cordes vocales. Quand j’ai mal à la gorge je fais des gargarismes avec, ça marche super bien. Le matin, j’essaie aussi de prendre 10 minutes pour me détendre et bien commencer la journée avec une mini-session de yoga… mais je n’arrive pas à le faire tous les jours !

Ton « porte-bonheur » toujours avec toi ?

J’aime bien les huiles. J’ai toujours des huiles essentielles dans mon sac, des petit grains de bigarra à mettre sur mon poignet quand je suis un peu stressée, c’est censé calmer les nerfs. Je mets toujours des gouttes de lavande sur mon oreiller pour mieux dormir et j’amène un petit flacon quand je pars en tournée, pour avoir une odeur familiale dans les chambres d’hôtel.

Tu habites le 11e arrondissement de Paris, une adresse fétiche dans ton quartier ?

B&M, mon hot-spot burger car on peut le composer comme on veut et c’est toujours super bon !

Une découverte à partager ?

J’ai découvert Flow, un magazine néerlandais que je trouve génial ! Il n’y a pas vraiment d’articles classiques, c’est plutôt centré sur l’esprit créatif, l’apaisement et le bien être. Ça change des magazines féminins, toujours un peu artificiels. 

Pour voir Luciole en concert, rendez-vous au Trois Baudet à Paris le 9 juin !

Alessia Armenise

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