La coquinitude dans l’antiquité

Lysistrata, pièce de théâtre du poète Aristophane, pourrait bien vous surprendre. Laissez-vous séduire par une histoire très coquine de l’antiquité grecque, qui met en avant le sexe pour mettre fin à la guerre.

Lysistrata se déroule au Ve siècle avant notre ère, pendant la guerre du Péloponnèse. Elle a duré presque trente ans et a été un conflit très meurtrier. La pièce présente des femmes épuisées d’attendre le retour définitif de leurs maris et voulant obtenir la paix, à tout prix… Quitte à renoncer au sexe, malgré les difficultés que cela implique !

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Lysistrata est le personnage principal. L’Athénienne encourage les autres femmes à ne plus approcher leurs maris lorsqu’ils rentrent temporairement. L’objectif ? Qu’à force de frustration sexuelle, ils signent la paix pour pouvoir rester chez eux. Elles occupent alors un temple d’Athènes, et comptent bien ne pas en sortir tant que la guerre ne sera pas terminée. « Ne faites pas l’amour, ça arrêtera la guerre » prône celle dont le nom signifie « celle qui dissout les armées ».

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La pièce a été écrite et jouée en 411 av J.C. à Athènes. Ce qui est comique, à l’époque, c’est l’impensable prise de pouvoir par les femmes… Mais ce qu’on remarque, nous, femmes du XXIe siècle, c’est bien la place centrale faite au sexe !

« Ne faites pas l’amour, ça arrêtera la guerre »

La traduction de L. Bianchi et R. Meltz est crue et se détache de la version de la pléiade.  Ils justifient leurs choix dans une préface intitulée « à l’attention des gens coquins, sots, bouffons et débauchés ». Le ton est donné! On s’étonne tout de même de tomber sur des termes très crus, et un bon nombre de sous-entendus. Qui a dit qu’une pièce de théâtre grec était nécessairement d’un ennui profond ?

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De nombreux jeux de mots se dévoilent au fur et à mesure du récit. La plupart portent sur la traduction des noms des personnages, comme pour Niquelas de Boncoup. Son nom grec porte la racine du verbe « baiser ». Et ce nom, il le porte bien : mari désespéré par l’éloignement de sa femme, celle-ci le fait tourner en rond à chaque fois qu’il la désire. Il représente alors tous ces hommes totalement désemparés devant leur érection permanente !

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Alors changez de registre lors de vos lectures coquines, et osez Lysistrata ! Mais si vous restez adeptes des écrits contemporains et préférez Christian Grey, continuez votre quête de plaisir par ici.

Annie Welter

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