Les constructions chevelues de Meschac Gaba 

L’artiste Béninois présente quatorze de ses œuvres au Musée de l’Histoire de l’Immigration, jusqu’au 20 septembre. Ses perruques intrigantes et admirables à la fois vous surprendront sûrement !

Vous pensiez qu’une perruque ne pouvait être qu’une pauvre imitation d’une chevelure naturelle ? Détrompez-vous. Les perruques de Meschac Gaba sont bien particulières : ce sont en réalité des « architectures », ou des « personnages tressés ». L’artiste utilise de faux cheveux et les met en forme pour représenter des monuments ou des individus qui le fascinent. On rencontre ainsi la tour Montparnasse, le saxophoniste Fela Kuti, ou encore les frères Wright, pionniers de l’aviation américaine. 

Photo: Welter Annie

Les frères Wright (Photo: Annie Welter)

Ces quatorze perruques sont exposées au Musée de l’Histoire de l’Immigration (au Palais de la Porte Dorée). Le bâtiment, initialement un pavillon colonial datant de l’exposition universelle de 1931, est devenu un musée consacré aux productions artistiques provenant des anciennes colonies. Meschac Gaba s’y est installé, non sans lien avec le fait que le Bénin ait fait partie de l’empire colonial français. Les œuvres sont exposées sur la scène du Forum du Palais, où se tient une immense fresque, allégorie du colonialisme. La superposition entre l’installation et ce décor donne une profondeur visuelle supplémentaire à ces « perruques architecturales ». 

Photo: Annie Welter

Photo: Annie Welter

Les perruques de Meschac Gaba sont inspirées de ses voyages. « Lorsque je vivais à New York, je me sentais minuscule à côté de ces énormes gratte-ciel. J’ai imaginé porter ces bâtiments sur ma tête », explique-t-il. Et c’est là toute la subtilité de son travail : les perruques ne restent pas éternellement sur leur mannequin de plastique, sans rien faire. Deux performances ont été réalisées avec les perruques, à Cotonou (Bénin) puis à Paris. La dualité France – Bénin constitue une partie du travail de Meschac Gaba, bien que ses inspirations proviennent aussi d’Amsterdam ou de New York. A travers les différents objets représentés, ces perruques sont une occasion de croiser diverses perspectives. Entre monuments et personnages, objets et ressentis, ce travail nous montre bien plus que de faux cheveux tressés !

L’installation « perruques » de Meschac Gaba se tient au Musée de l’Histoire de l’Immigration, Métro porte Dorée, jusqu’au 20 septembre.

Annie Welter 

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