« Les dimanches du clown » : vous allez à nouveau aimer les clowns

L’un est musicien, l’autre est acrobate, tous deux jouent au Théâtre de Belleville jusqu’au premier août. Louis-Marie Audubert et Antoine Nicaud forment à eux deux la Compagnie Dépliante, un duo inattendu de nouveaux clowns. Pas de nez rouges ou de chaussures trop grandes, mais un style décalé qui  nous fait rire et nous touche.  

C’est l’histoire de deux artistes, dont la relation ressemble à celle d’un vieux couple. Le musicien, Louis-Marie Audubert, et son assistant maladroit et acrobate, Antoine Nicaud, revisitent le personnage du clown. Leurs numéros consistent à jouer aux imbéciles, en tentant par exemple de réparer un pupitre, ou d’assembler les pièces d’un aspirateur. Rien de bien compliqué, et c’est justement les difficultés qu’ils rencontrent pour ce faire qui rendent ces entreprises hilarantes.

Louis-Marie Audubert et Antoine Nicaud. DR.

Louis-Marie Audubert et Antoine Nicaud. DR.

Le peu de discours qu’il y a dans ce spectacle se résume à des « oui », des « non », beaucoup de « tac », des phrases non finies, et des « bugs » de langage. Ce n’est donc pas la parole qui guide la représentation, mais bien la musique : celle qui ensorcèle l’acrobate, qui emporte le public, qu’importe son genre. Entre guitare, accordéon, ou chant, c’est un véritable spectacle dans le spectacle. On assiste d’une certaine façon aux coulisses de chaque prestation musicale. Mais aucune ne se déroule comme prévu !

Louis-Marie Audubert . DR.

Louis-Marie Audubert . DR.

Si les clowneries font rire les plus jeunes du public, certains passages ne semblent pas faits pour être drôles. Sans vous révéler comment il en est arrivé là, l’acrobate se retrouve emballé dans un journal. La seule chose qui le guide alors sur la scène, c’est le son de l’accordéon : il semble transcendé. Parvenant à se libérer, il danse finalement avec ce journal, comme on tient une femme par la taille. Puis il sort de scène, portant le journal rafistolé comme si c’était une cape majestueuse. Cet instant est à la fois poétique et dramatique: la folie et la passion se mêlent, à ne plus savoir quel à genre de théâtre on assiste. Cette même émotion nous reprend lorsque, cette fois, c’est la guitare qui rythme les acrobaties aériennes d’Antoine Nicaud. Même lorsque Louis-Marie Audubert reprend Jacques Brel, tout en luttant avec le cercle lumineux qui l’éclaire, on est un peu touché.

Ce duo improbable se produit au théâtre de Belleville, du mardi au jeudi à 19h15, le vendredi et le samedi à 21h15, jusqu’au premier août. A ne rater sous aucun prétexte! 

Plus d’info et réservations : Théâtre de Belleville .

Annie Welter 

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