« Les oracles du design » : bien plus que des meubles

Une énième balade dominicale dans un immense magasin de meubles, vous aviez dit « plus jamais » ? Alors on change de point de vue sur le design et le mobilier à la Gaïté Lyrique, avec  les Oracles du Design de Lidewij Edelkoort !

A la Gaîté Lyrique de Paris jusqu’au 16 août, on peut se faire une nouvelle idée de ce qu’est le design. Commençons par le commencement : le design peut être défini comme la création d’objets à la fois fonctionnels et esthétiques. Ne faites pas cette tête, on va clarifier tout ça.

© Annie Welter

© Annie Welter

Chaises, rangements, vases ou abstractions, ce joyeux mélange d’objets plus improbables les uns que les autres attisent notre curiosité. Cette collection unique du Centre National des Arts Plastiques est organisée en dix catégories, qui regroupent ces objets selon différents concepts. A priori non hiérarchisés, ces dix thèmes semblent tout de même avoir un ordre : plus on avance, moins les constructions sont simples, et plus elles perdent leur utilité première. « Simple » présente des objets très épurés, aux traits assez primaires mais qui ne demandent pas d’effort pour être compris. Quant aux objets de  « gonflé », ils nous parlent immédiatement. Qui n’a jamais rêvé d’avoir un canapé en forme de bouée ? Les constructions « abstrait » et « mutant » se situent plus loin, et relèvent parfois du psychédélique. On a envie de toucher ! 

© Annie Welter

© Annie Welter

Pour cette visite, il n’y a pas d’audioguides, mais seulement des feuilles volantes à lire au fil de l’exposition. Elles comprennent la liste exacte des objets de chaque catégorie, et une brève explication de sa signification. Mais les œuvres nous parlent également : des hauts parleurs sont situés au-dessus de certaines créations, qui se déclenchent à notre passage. L’objet nous explique lui-même qui il est et quel est sa fonction. Les interventions des meubles se superposent, se croisent et s’emmêlent. Parfois en langues différentes, ou en dialogues, c’est comme une communion au sein de chaque thème qui se créé. Ces explications sont les bienvenues pour les objets qui relèvent plus de l’art conceptuel que du mobilier de maison. Par exemple, dans « mutant », on tombe nez à nez avec un écran qui construit une forme selon les bruits environnants. A l’aide d’une imprimante 3D, ces sons sont matérialisés sous forme de vases aux formes curieuses. Envoûtant !

Les matérialisations sonores. © Annie Welter

Les matérialisations sonores. © Annie Welter

C’est Lidewij Edelkoort qui a rassemblé tous ces objets provenant d’artistes très différents.  Leur point commun ? Ce sont des « oracles ». Ils sont tous nés d’une volonté de l’Homme de faire le progrès et de donner un sens à son action. Selon elle, c’est dans cet état d’esprit que l’on invoque un oracle. Ces objets témoignent donc de notre temps, mais déterminent aussi le futur. Si telle chaise est pliable, c’est parce qu’on avait envie de plus de liberté, et celle-ci nous permet d’être d’avantage nomade à l’avenir.  Chacune des dix catégories donne à voir un aspect de nos vies : sa curiosité, son confort, son abstraction ou encore sa naïveté. L’accumulation de toutes ces pièces représente en réalité une vie, avec tous ses défauts, ses qualités et sa diversité.

Une exposition qui vaut le détour, mais qui n’est visible que jusqu’au 16 août à la Gaîté Lyrique. Plus d’information : la Gaîté Lyrique

Annie Welter 

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