Daily report : Sziget festival, Budapest

Budapest, août 2015. Notre reporter Pierre Beretta et son coéquipier Mouaad El Yakaabi ont sauté par dessus les barrières pour vivre le Sziget festival au plus près. Chaque jour, ils sous envoient de leur nouvelles !

Jour 1. Après 12 heures à 5 dans une Kia Rio,   voilà enfin Budapest, le Sziget nous ouvre ses portes. C’est le plus grand festival d’Europe. Du 10 au 16 Août on sera plus de 400 000 sur les bords du Danube. On s’extirpe de la voiture, on récupère nos pass, la nuit ne fait que commencer.

Après les allers retours inutiles parce qu’on oublie toujours quelque chose, on trouve un coin en dessous des arbres  pour lancer la tente 2 secondes. On peut enfin s’asseoir et savourer nos lentilles en conserve. Ce soir c’est Robbie Williams sur le Main stage. Show calibré, lumière jolie, blagues de fesses, 85 000 personnes, record d’affluence. Je me laisse murmurer qu’avant de monter sur scène, dans les coulisses, l’actuel plus grand des chanteurs pour dames aurait fait un mini scandale. Robbie menace de ne pas chanter si les sièges de la loge maquillage ne sont pas tous d’une couleur différente. Il exige également que ses fruits soient épluchés. On le comprend, rien de plus barbant que de peler une banane.

szigetOn est mardi. Je me réveille, il fait chaud dans la tente. J’enfile mes tongs et je file dans la boue des douches. Asaf Avidan passe sur le Main Stage,  j’arrive juste à temps pour One Day. Sa voix est un murmure, elle envoûte, elle s’enroule comme une langue autour de la foule, aiguë et affûtée comme une lame, elle transperce. Asaf Avidan est un sorcier, il nous entraîne dans ses douleurs. “One day baby we’ll be old” repris en choeur par un public de vingtenaires me donne la chair de poule. Le symbole est fort, et triste. Ça tremble, ça palpite. On ne veut pas mourir. Pas encore. Pas maintenant.

Jour 2. Pour ce deuxième jour au Sziget Festival, l’organisation a préparé une journée découverte de la ville de Budapest pour les journalistes, histoire de se rendre compte qu’il y a une ville après le festival. Certes, dans l’imaginaire collectif l’évocation de Budapest s’accompagne d’images d’hirsutes bedonnants avec pour simple couverture au tour de la taille un ersatz de serviette de bain à peine de la taille d’une feuille de vigne (la phrase n’est pas finie, prenez un grand souffle) mais la capitale de la Hongrie c’est évidemment bien plus encore, sur les rives du Danube il y a de quoi être scotché, entre le Parlement hongrois, accessoirement le plus grand d’Europe, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, le Palais royal maintes fois détruit et reconstruit.

budapest

L’équipe France du Sziget a organisé cette matinée découverte, histoire de se rendre compte que la ville de Budapest, décor du festival, n’a pas que ses bains à offrir aux festivaliers venus décuver leur Palinka* (eau de vie locale, si vous avez un estomac de poilus). On serait effectivement tenté de squatter la centaine d’hectares de scènes, théâtre, expositions que compte l’île pendant le festival, de se la couler douce dans les nombreux espaces ombragés, mais ce serait bien dommage de louper la ville. Avec les navettes à la sortie de l’île, le centre ville est à un quart d’heure. Après le petit-déjeuner et avant de renouer le contact avec le barman, deux heures suffisent pour faire un grand tour du centre ville, entre rue piétonne et monuments.

De part et d’autres du Danube, au premier coup d’œil, le curriculum vitae de la Hongrie défile sous vos yeux, il atteste à la fois de la splendeur du pays, mais également de sa situation financière. La pluparts des monuments, les Hongrois les doivent au financement du généreux voisin autrichien, et ça se voit sur l’architecture, éclectique. Il y a même un peu de France dans ces contrées, le marché couvert par exemple, construit par Gustave Eiffel au début du siècle et où vous pouvez acheter et manger local pour un prix abordable.

Et puis vous pouvez évidemment finir votre balade dans une des nombreux thermes que compte la ville. Vous trouverez des thermes qui proposent des journées ou des créneaux réservées aux hommes ou aux femmes.

*L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération

Pierre Beretta et Mouaad El Yakaabi

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